Sophie Freud, la fille perdue de Sigmund

Sophie Freud, la fille perdue de Sigmund

Lorsque Sigmund Freud a perdu sa fille Sophie, il a écrit une lettre à son ami et collègue Ludwig Binswanger. Il a expliqué à son ami que, d'une certaine manière, le chagrin était un moyen de s'accrocher à l'amour. Il a donc préféré ne pas l'abandonner complètement.

Sophie Freud, la fille perdue de Sigmund

Rédigé et vérifié par le psychologue GetPersonalGrowth.

Dernière mise à jour: Novembre 15, 2021

Lorsque Sophie Freud est d√©c√©d√©e, son p√®re a √©t√© contraint de modifier nombre de ses th√©ories sur le deuil. Il s'est rendu compte que cette douleur, ce vide, ne dispara√ģtrait jamais. Il s'affaiblirait avec le temps, mais il ne l'oublierait jamais. Il a √©galement compris qu'il n'y avait pas d'abris pour soulager la souffrance, car la mort d'un enfant, a-t-il dit, est inconcevable.



Sophie Freud √©tait la cinqui√®me fille de Sigmund Freud et Sophie Halberstadt. Elle est n√©e le 12 avril 1893 et ‚Äč‚Äčest devenue presque imm√©diatement la pr√©f√©r√©e de son p√®re. Cette petite fille a r√©ussi, on ne sait comment, √† adoucir le caract√®re tyrannique et patriarcal du p√®re de la psychanalyse. Elle √©tait belle, t√™tue et d√©termin√©e √† suivre sa volont√© au-del√† de ce que son environnement d√©terminait.

√Ä l'√Ęge de 20 ans, elle √©pouse Max Halberstadt, un photographe et portraitiste de Hambourg. Le gar√ßon de trente ans n'√©tait ni riche, ni connu, ni prometteur. Freud savait que sa fille rencontrerait des difficult√©s, mais il ne s'est pas oppos√© √† leur lien. Il lui a juste fait promettre de le tenir au courant en cas de probl√®me ou de pr√©occupation.

La jeune Sophie a tenu sa promesse. Personne ne pouvait le prédire le bonheur du favori de Freud durerait si peu. Il est mort seulement six ans après le début du mariage.


"Je travaille autant que je peux et je suis reconnaissant pour ce que j'ai. Mais la perte d'un enfant est une blessure profonde. Ce que nous appelons le deuil durera probablement longtemps. ¬Ľ


-Lettre de Freud à Ludwig Binswanger-

Les premières années de mariage

Un an après le mariage de Sophie et Max Halberstadt, Ernst Wolfgang est né. Sigmund Freud était fasciné par cet enfant, comme il le dit dans une lettre envoyée à son collègue Karl Abraham :

¬ę Mon neveu Ernst est un charmant petit homme, qui rit irr√©sistiblement quand on lui pr√™te attention. C'est une cr√©ature discr√®te et pr√©cieuse en ces temps o√Ļ ne pousse que la bestialit√© d√©brid√©e."

Rappelons que la Seconde Guerre mondiale faisait déjà rage en Europe. Sigmund Freud fut l'un des premiers à alerter sur cette pensée déconcertante et brutale qui germait aussi à Vienne, sa ville natale. Son cercle personnel et familial n'a pas été affecté jusqu'à l'arrivée au pouvoir d'Hitler en 1933.

Jusque-l√†, Freud poursuivait son Ňďuvre en poursuivant l'√©change de lettres avec sa fille Sophie. Le 8 d√©cembre 1918, son deuxi√®me petit-fils, Heinz, est n√©. C'est alors que la jeune femme a avou√© ses probl√®mes √©conomiques √† son p√®re, et que l'arriv√©e du deuxi√®me enfant √©tait une b√©n√©diction, mais aussi un probl√®me.

Freud lui a imm√©diatement offert l'aide dont elle avait besoin. Comment peut-on lire dans les Lettres aux enfants, elle a √©galement offert √† sa fille des conseils sur les m√©thodes de contr√īle des naissances de l'√©poque. Mais cela semblait n'avoir aucun effet, car un an plus tard, Sophie √©tait √† nouveau enceinte.


La troisième grossesse non désirée et la mort de Sophie Freud

Lorsque Sophie écrivit à son père pour lui annoncer terriblement la troisième grossesse non désirée, il répondit ainsi :

Si vous pensez que la nouvelle me met en colère ou me consterne, vous vous trompez. Accepte ce bébé, ne sois pas déçu. Dans quelques jours vous recevrez une partie du paiement de mes nouvelles éditions.


En 1920, leEuropa a été victime de la fièvre espagnole et Sophie, affaiblie par sa troisième grossesse, a été hospitalisée en janvier. Il mourut quelques jours plus tard d'une infection. Après la perte de sa fille, Sigmund Freud a écrit sur les répercussions que cet événement a eues sur lui.

Il a expliqu√© qu'il n'avait pas √©t√© en mesure de trouver un moyen de transport pour √™tre pr√®s d'elle dans ses derniers jours. Il ne pouvait qu'aller √† l'enterrement et accepter une perte qu'il ne pouvait ni comprendre ni expliquer. La chose la plus surprenante, cependant, s'est produite neuf ans apr√®s cette perte. Dans une lettre qu'il a √©crite √† l'un de ses meilleurs amis et coll√®gues, Ludwig Binswanger, il a avou√© qu'il ne s'√©tait toujours pas remis de la mort de sa fille.


¬ę Nous savons que la douleur aigu√ę que nous ressentons √† la suite d'une perte suit son cours, mais elle restera inconsolable et nous ne trouverons jamais de rempla√ßant. Peu importe ce qui se passe, peu importe ce que nous faisons, la douleur est toujours l√†. Et c'est comme √ßa que √ßa devrait √™tre. C'est le seul moyen de rendre √©ternel un amour que l'on ne veut pas abandonner."

-Lettre de Sigmund Freud à Ludwig Binswanger-

Sigmund Freud et le deuil

Dans Lettres aux enfants, on peut √©galement lire les missives que Freud et le docteur Arthur Lippmann de l'h√īpital de Hambourg se sont envoy√©es apr√®s la mort de Sophie, √† l'√Ęge de 26 ans. Le p√®re de la psychanalyse d√©sapprouvait le fait que la m√©decine ne disposait toujours pas de m√©thodes de contraception efficaces.

Dans les lettres, il se plaignait également de ce qu'il appelait "une loi insensée et inhumaine qui obligeait les femmes à avoir des grossesses non désirées".


Après la perte de sa fille Sophie, Sigmund Freud a essayé de traiter le deuil à sa manière, et l'a prolongé pendant plus de dix ans. Il en est arrivé à devoir reformuler ce concept dans ses théories.

Enfin, il a d√Ľ accepter que face √† une perte, on puisse ressentir √† la fois de la tristesse et de la m√©lancolie, et que les deux humeurs soient acceptables. La douleur √©tait √©galement un d√©fi compatible avec la survie. C'√©tait (et c'est) ce lien t√™tu que nous refusons de l√Ęcher parce que c'est une fa√ßon de garder l'amour pour un √™tre cher.

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