Aider les victimes de violences sexuelles

Aider les victimes de violences sexuelles

Pour une grande partie de la société, il est difficile de comprendre et donc d'aider les victimes de violences sexuelles.

Aider les victimes de violences sexuelles

Dernière mise à jour: 07 septembre, 2020

De récents cas de viol à Pampelune (le jugement a soulevé une vague d'indignation exprimée par le mouvement #yositecreo) ou en Irlande (l'accusé a été déclaré non coupable parce que la victime portait un string en dentelle) ont mis en lumière un problème crucial. Pour une grande partie de la société, il est difficile de comprendre et, par conséquent, aider les victimes de violences sexuelles.



La victime est parfois blâmée et sa tentative pour surmonter le traumatisme subi et récupérer sa vie finit par remettre en question sa version des événements.

Être violé est un traumatisme avec des conséquences à long terme. Pour cette raison, il est important de comprendre quels aspects de la psyché peuvent être endommagés, afin d'aider les victimes de violences sexuelles à retrouver l'équilibre de la meilleure façon.

Une femme sur trois peut être victime d'abus et de violence au cours de sa vie. Il s'agit d'une violation abominable des droits de l'homme, mais cela continue d'être une pandémie largement invisible et sous-estimée de notre époque.

-Nicole Kidman-

Quels facteurs connaissez-vous pour aider les victimes de violences sexuelles ?

D'abord, il est important de travailler sur un aspect qui a une influence déterminante sur le mal-être psychique : l'auto-culpabilité des victimes d'agressions sexuelles.

Après avoir subi le traumatisme, en effet, il est courant que la victime formule des jugements négatifs sur elle-même, favorisant l'apparition de troubles de stress post-traumatique, de dépression et de malaise général.

La femme qui a été violée est souvent obligée de répondre à plusieurs reprises à des questions comme "avez-vous essayé d'opposer une résistance physique ?", "l'avez-vous nié directement ?". Cela permet d'enraciner l'idée de culpabilité chez la victime.


Non c'est non. Et s'il ne dit pas oui, c'est toujours non. Si elle portait une jupe et était maquillée, ce n'est toujours pas le cas. Et s'il essaie de retrouver sa vie, malgré sa peur, il continue d'être un non. Et si quelqu'un essaie de la blâmer, la réponse est non ».

–La voisine blonde– Twitter

Ce n'est pas seulement l'auto-jugement de ceux qui ont subi l'attaque qui a un impact. Le soutien social sur lequel il peut compter est également crucial. Il ne s'agit pas seulement d'apporter un soutien, la femme doit le percevoir pour retrouver son bien-être.

Enfin, les stratégies d'adaptation et de régulation émotionnelle adaptative sont très utiles.

Comment travailler sur ces aspects ?

Il est important de travailler par restructuration cognitive sur les croyances que les victimes de violences sexuelles créent sur elles-mêmes et sur le sentiment de culpabilité. Dans ce sens, il faut changer l'idée, qui surgit parfois, d'avoir mérité ce qui s'est passé. Il n'est pas difficile d'imaginer, à la lumière de nombreux cas récents, qu'il s'agit là aussi d'un travail à faire sur le plan social.

« Nous devons prendre position. Le silence aide l'oppresseur, jamais la victime ».

-Elie Wiesel-

Malheureusement, ces idées sont ancrées chez beaucoup d'entre nous. En ce qui concerne les stratégies d'adaptation, les victimes peuvent mettre en place des stratégies centrées sur le problème ; dans d'autres contextes, ils sont adaptatifs, mais dans ce cas, ceux qui se concentrent sur les émotions sont plus adaptés, puisque nous sommes confrontés à des événements indépendants de la volonté de la personne. 

Enfin, il est important de dire un mot sur le soutien de la société et sur la manière dont il est perçu par la victime de violences sexuelles. Dans certains cas, quand la personne qui a vécu une expérience de ce type est proche de nous, on aimerait l'aider, mais on ne sait pas comment. Cela peut nous amener à être présents, mais pas de la manière dont la personne en a besoin.


En ce sens, il est important de rappeler que parfois la meilleure façon d'aider les victimes de violences sexuelles est de laisser un professionnel (psychologue ou psychiatre) faire son travail. Cela ne signifie pas que nous ne devons pas offrir notre soutien, mais que nous devons veiller à le donner de la manière la plus appropriée.

Images reproduites avec l'aimable autorisation de Kevin Laminto et Chau Luong

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